Soigner grâce au virtuel et au numérique, une utopie ?

Soigner grâce au virtuel et au numérique, une utopie ? Plus vraiment… En effet, le pédopsychiatre le Dr Xavier POMMEREAU a élaboré une thérapie  à destination d’adolescents souffrants de troubles comportementaux ou alimentaires. Même si elle s’avère être encore à l’essai, il semble qu’elle soit déjà très efficace et révolutionnaire. Ainsi, le Pôle Aquitain des Adolescents, rattaché au CHU Pellegrinde Bordeaux est depuis 6 mois environ le laboratoire de cette nouvelle technique, la création de doubles numériques appelés « avatars ».

Face à une efficacité limitée -en temps et en résultats- des entretiens psychologiques traditionnels que le Dr Pommereau déplorait, le thérapeute a eu l’idée de mettre le numérique au service de la pédopsychiatrie afin que les ados soient enclins, de manière plus systématique, à évoquer ce qu’ils ressentent. Même si cette pratique peut-être qualifiée de prototype, les avancées sont flagrantes : d’une méthode qui visait à représenter ses émotions par le dessin, la peinture, la sculpture ou encore le modelage, l’idée d’une représentation autre, plus proche des centres d’intérêts des adolescents est apparue. Le jeu des Sims, alors connu pour son aspect inventif et de modélisation de la vie d’un individu dont on doit s’occuper –un peu comme le Tamagotchi au début des années 1990- permet au Docteur d’avoir une idée précise de la méthode d’autoreprésentation qui serait adaptée à la situation de ces jeunes. C’est la naissance des « avatars numériques », à visée thérapeutique.

Ce double virtuel qui est élaboré par le jeune patient lui-même sert de miroir, moins cruel que le monde réel auquel il appartient. Il peut lui donner l’allure qu’il désire, jeune, gros, maigre, cheveux bonds ou châtains etc… L’apparence est très souvent le reflet de ce qu’ils sont et qu’ils n’acceptent pas ou plus ou encore ce qu’ils auraient aimé être en dehors de la thérapie.

Ainsi, l’avatar devient un écran de projection pour l’adolescent, il permet au Dr et à l’équipe soignante de voir et d’évaluer la souffrance et le mal-être de celui-ci, d’avoir accès à des pensées latentes sans pour autant que l’adolescent mette sa propre vie en danger.

Selon le Dr Pommereau, « l’avatar est un support à haute valeur métaphorique. Il libère la parole ». Cette découverte qui peut-être amenée à révolutionner l’étude et les soins des troubles comportementaux et alimentaires pourraient aussi s’adapter à d’autres types de troubles. Pour arriver à des solutions en matière de psychologie, il faut s’adapter à la personne, au groupe qui pose problème. Les jeunes de 12-25 ans font partis d’une génération qui est née et qui grandit dans l’ère du numérique. Mettre ses sciences numériques ainsi que l’aspect ludique au service du développement d’une méthode de soins reste une entreprise inédite qui requiert à la fois une technologie à la pointe des tendances mais aussi un suivi constant des patients du Pôle. A l’heure où le numérique, qui est l’association de l’image et de la communication, tient une grande place dans notre quotidien, il semblait irréfutable que la thérapie par le numérique ferait son apparition pour atténuer certains troubles durant ce XXIème siècle.

Le numérique est déjà implanté en médecine dans l’imagerie médicale, la radiographie, l’échographie, l’ECG par exemple. Dès lors, on se rend compte que c’est une entité qui est présente dans toutes les sphères de notre quotidien et ceci depuis le XXème siècle. Il est indéniable que la médecine fait preuve d’avancées notoires dans de nombreux domaines : fécondation in-vitro, naissance, diabétologie, cancérologie, soins palliatifs etc.… essentiellement grâce au domaine de l’information et de la communication numérique. Alors pourquoi pas dans les soins liés à la psychologie en révolutionnant dans un premier temps le tristement célèbre entretien traditionnel du patient sur le divan du thérapeute une, deux voire trois fois par semaine ? C’est l’innovation à laquelle s’essayent le Dr Pommereau et son équipe ainsi que les jeunes qu’il suit au sein du Pôle Aquitain des Adolescents à Bordeaux. Un moyen pour lui de réduire le nombre conséquent et déplorable de suicides de jeunes de 14 à 25 ans qui est en constante augmentation chaque année et qui reflète le mal-être de nombreux adolescents…malheureusement, ce reflet apparaît bien souvent trop tard et est trop souvent fatal.

Dernier mot avant de clore ce petit papier, le livre du Dr Pommereau intitulé, Nos ados.com : des pistes pour les suivre, est disponible aux éditions Odile Jacob depuis le jeudi 13 Octobre 2011. Le numérique y est mis au service d’une science précieuse au XXIème siècle : la médecine.

Papier de Kelly Samuel, monitrice étudiante à l’Infothèque Isic d’après l’article  :

Des avatars sur le divan, Pascale KRÉMER, Le Monde Le Magazine (oct 2011)

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